mardi 10 avril 2018

Twitter Emmett Brown

@jpazelle est-il @oomo_toa et inversement

Tout d'abord, cette question est-elle pertinente, et en quoi serait-elle pertinente ? Et bien ça dépend par quel bout on prends le problème, et c'est ça qui est intéressant. Car ceux qui se posent cette question sont en réalité d'avantage motivés à poser leur cul sur leur système de croyance et tamponner un jugement, que de savoir qui ou quoi se cache derrière l'un et l'autre de ces deux comptes Twitter. Bien avant les considérations techniques, l'élaboration de scénarios crédibles ou non autour d'une anomalie, il incombe de reprendre les choses depuis le début et faire un état des lieux.

Deux ans après les faits (l'anomalie) et quatre ans après le démarrage relatif d'une longue aventure, les "pressés de répondre" semblent avoir complètement oublié d'où tout ça est parti pour réduire l'enquête à une seule et unique condition, qu'ils ont décidé de placer au sommet d'une cascade d'embranchement logique et qui est donc en pouvoir de disqualifier ou de requalifier tout l'arbre des possibles et de s'en débarrasser purement et simplement. C'est que pour eux, l'analyse du contenu, ou de savoir qui est derrière, comment et pourquoi, leur importe peu. La question obsédante étant: @oomo_toa est-il un dragon merveilleux, ou pas. Et comme @oomo_toa n'a, à leur yeux ni le goût, ni l'odeur du dragon merveilleux auquel ils s'attendaient, ils sont très pressés de pouvoir prouver qu'il ne l'est pas.

Le problème des gens pressés, c'est qu'ils ont tendance à manquer de précaution, à sauter des étapes et à réduire leur champs de vision. En effet, pressés de classer un dossier, ils se transforment en prédateurs affamés, et tel le léopard en chasse dont le champ de vision se restreint au seul cul de la gazelle qu'il poursuit, ils bondissent sur le premier détail susceptible de les soulager d'une fringale de conclusions pour lui donner une importance qu'il n'a pas. Ce détail, c'est une anomalie provoqué par @oomo_toa et qui implique - directement ou indirectement, là est toute la question - le compte @jpazelle.

L'anomalie

L'anomalie en elle-même, c'est le fait que le compte @oomo_toa, présumé dragon merveilleux - nom de code: heptapode - a, à un moment de son histoire, comme "disjoncté". Il s'est mit, à deux reprises, à faire écho à des tweets dont il était destinataire, pour les reproduire mot pour mot comme un perroquet, en son propre nom. Evidemment, un dragon merveilleux n'étant par définition pas un perroquet, tout le monde s'est étonné de le voir en imiter un (évidemment, si @oomo_toa est effectivement un perroquet et non un dragon merveilleux, ça serait du coup tout à fait normal).

Il se trouve que le premier tweet que @oomo_toa a répété était émit par @jpazelle en réponse à quelqu'un d'autre. Tweet qui fut supprimé par son auteur (@oomo_toa) dans la foulée. Peu de temps après, l'opération s'est reproduite avec un autre tweet émit par quelqu'un d'autre. Et il n'en fallu pas beaucoup plus pour que certaines personnes émettent immédiatement l'hypothèse suivante: Ha ! en fait, @jpazelle est @oomo_toa sauf qu'il s'est trompé de navigateur, et a répondu sous le compte @oomo_toa au lieu de @jpazelle, Ha ! et comme il a remarqué qu'il a fait une bêtise, il a reproduit la même chose avec quelqu'un d'autre pour détourner l'attention, Ha ! <rire machiavélique>.

Vous savez, c'est toujours amusant la façon dont les gens projettent leurs propres réactions et intentions chez les autres... Mais bref, le problème n'est pas là. Le fait est qu'à partir de ce moment, les "sceptiques" (dont la maîtrise de l'art du doute est à relativiser) qui n'en pouvaient plus d'estimer être potentiellement les rats de laboratoire d'un vulgaire semblable (encore, si ça avait été un dragon merveilleux, passe, mais un semblable...) ont trouvé un moyen d'enfin chasser cette désagréable épine planté sur le coussinet du système de croyance sur lequel ils sont confortablement assis. Et de fait, leur théorie, ils ne voudront pas la lâcher, parce-qu’elle est vraiment trop belle et trop pratique cette théorie.

Le phénomène OVNI version numérique

Vous savez, quand un prédateur en quête de conclusion hâtive a trouvé un détail insignifiant sur lequel broder un scénario, il ne lâche plus sa proie et c'est donc difficile de lui faire changer son angle de vision. Néanmoins, à force d'un travail harassant (oui, je suis harassé) consistant à exposer les diverses autres hypothèses explicatives du phénomène, j'ai finalement aboutis sur la clef de voûte de leur théorie, la pierre sur laquelle repose tout le reste et sans laquelle tout se pète la gueule, à savoir: le fait que le tweet de @oomo_toa serait arrivé AVANT celui de @jpazelle...

Et je réclame ici toute votre attention, chers lecteurs et lectrices: On m'a demandé des explications techniques, d'élaborer des théories pouvant expliquer, techniquement, comment le tweet d'@oomo_toa a pu arriver avant celui de @jpazelle et... je ne le ferais pas ! Je pourrais le faire, mais je n'en prendrais même pas la peine, car j'estimes ça tout à fait inutile. Et c'est là que ça va devenir distrayant et fort didactique, car en ce qui me concerne, je fais le paris suivant dès le départ: Le tweet de @oomo_toa n'est pas arrivé avant, mais sensiblement en même temps, ou peu après celui de @jpazelle.

Non, en lieu et place d'explication technique pouvant expliquer l'inversion temporelle issue d'une anomalie systémique des requêtes asynchrones chez le client et des processus de routages en sortie des algorithmes de Twitter en conjonction avec le reflet de l'éclat de vénus, je vais expliquer comment cette perception subjective d'une inversion temporelle a été construite par le regard des témoins, puis mémorisé sélectivement en ce sens, pour créer une réalité soi-distant objective qui n'existe pas. Car expliquer ce phénomène c'est beaucoup plus amusant que la documentation de l'objet XMLHttpRequest ou l'API Twitter.

Vous le voyez le retournement de la sphère, là ? Des sceptiques à tendance zététique, accusés par un vulgaire touriste, d'avoir confondu l'éclat de vénus avec une soucoupe volante... ou plutôt, d'avoir pris un PAN pour une Delorean volante...

l'Horodatage à la louche

Avant d'aller au plus croustillant, nous allons quand-même faire un peu de technique. Un argument - présenté comme preuve formelle - avancé par ceux qui prétendent avoir vu passer une Delorean volante, consiste en un croisement d'horodatage censé prouver que l'un est arrivé avant l'autre. Mon objectif se limitera ici à expliquer en quoi et pourquoi ce croisement hasardeux ne constitue en rien une preuve de quoi que ce soit. Les éléments sont les suivants:

  • Une capture d'écran du tweet d'@oomo_toa de l'époque, indiquant "3 min".
  • Un horodatage système de la sauvegarde du fichier image de la capture, indiquant "15:32"
  • Un tweet de @jpazelle émit ce jour là à 15:31.

Et voici l'opération mathématique - sommes toute logique - que font les Deloreanistes: La capture d'écran a été enregistré à 15:32, sur la capture il est indiqué que le tweet a été émit il y'a 3 minutes, le tweet d'@oomo_toa a donc été émit à 15:29, soit deux minutes avant le tweet de @jpazelle qui est aujourd'hui horodaté à 15:31. Élémentaire, n'est-ce pas ? Ben, pas tant que ça en fait... car:

L'horodatage de la capture indiquant "3 min" est imprécis. Il s'agit d'une soustraction de l'heure de création du tweet (tel que définit par Tweeter) et l'heure actuelle du client du système. Nous ne connaissons pas les modalités de calcul de cette indication, ni le découpage en terme de secondes de cette indication. L'algorithme peut par exemple décider d'arrondir la minute à partir de la trentième seconde passée (ce sont des choses qui se pratiquent). Il peut par exemple exister une surestimation d'une minute pleine basée sur moins d'une minute de décalages, par exemple entre 15:30:15 et 15:32:55 secondes, soit 160 secondes, autrement dit 2 minutes et 40 secondes.

Vous me direz: Certes, de 15:29 nous passons à 15:30, mais le tweet de @jpazelle, lui, est arrivé à 15:31, nous pouvons actuellement le constater là maintenant in situ, sur Twitter, puisque ce tweet existe toujours et qu'il est horodaté à ce jour à 15:31. Alors il nous reste quelque chose comme une minute de battement, une minute fatale constaté environ deux ans plus tard. Et c'est là que j'ai un problème, car une année ne compte non pas 365 jours pile et 31 536 000 secondes, mais 365,25 jours et 31 557 600 secondes environ. Et, les horloges des différents systèmes informatiques sont toutes resynchronisés par des serveur NTP, eux-même calés sur des horloges atomiques. Le problème donc, c'est qu'en informatique, l'horodatage est la plupart du temps un nombre de seconde (ou nanosecondes mêmes) écoulées depuis un temps de référence dans le passé. Autrement dit: Toutes les dates sont... relatives...

Nous avons donc des horodatages informatique relatifs, un nombre de seconde par année qui ne correspond pas exactement à 365 jours, des serveurs dont l'horloge est resynchronisé par rapport à des horloges atomiques, et près de deux voyages autour du soleil dans les dents, soit une dizaine d'heure de décalage entre la réalité et la fiction (non mais, même moi je m'y perds hein)... Je laisse les zététiciens faire le calcul et les recherches concernant les protocoles de synchronisation des horloges atomiques avec l'heure officielle considérant le décalage par an et par jours 0.25 jours par an, en terme de nombre de nanosecondes, pour déterminer combien de secondes, ou de minute de décalage on pourrait observer à environ deux ans d'écarts sur un horodatage UTC supposé fonctionner sur une référence au 1er janvier 1970 à minuit (Unix) ou le 1er janvier 1601 à minuit (Microsoft) selon les références système employées... Bonne chance, et que le meilleur gagne !

Tu sais ce que tu as vu, mais as tu vu ce qui était ?

Vous savez, normalement tout le monde connait le coup des ombres projetées sur les paroirs de la caverne, les projection d'un cylindre donnant à voir tantôt un rectangle ou un cercle selon l'angle par lequel il est présenté et projeté. Le fait est qu'un témoignage, ou une expérience subjective, est par définition, et comme sus-mentionnée, subjective. C'est à dire qu'on ne voit les choses que selon un certain profil, sous un angle précis, et rarement sous toutes les coutures. Il est assez dommage de devoir réexpliquer ce genre de chose à des ufologues. Un témoignage et une perception, peut aisément conduire à de mauvaises conclusions, et ce qui fonctionne pour les volumes projetés, fonctionne pour les séquences d’événement, et tout particulièrement en informatique.

De fait, il peut exister (et il existe) une différence entre ce qu'on a vu, et ce qui est. Et dans notre cas présent, il est fort probable qu'il existe une différence entre "voir une chose après une autre" et le "une chose est arrivée avant l'autre". Voyons l'exemple le plus stupide qui soit à titre de vulgarisation: Deux voitures, une rouge et une bleue, sont toutes les deux garées sur le même parking au même moment, si vous regardez d'abord la rouge, et ensuite la bleue, séquentiellement, la rouge est arrivée en premier, la bleue est arrivée ensuite. Vous me rétorquerez que dans un tel cas, vous n'êtes pas assez bêtes pour croire qu'une est arrivé avant l'autre, car vous avez automatiquement déduit que les deux étaient garées au même moment, vous n'avez fait que regarder à gauche, puis à droite, mais la voiture bleue était bel et bien déjà là alors que vous ne l'aviez pas encore remarqué... Vous commencez maintenant à comprendre où je veux en venir.

Ici, il ne s'agit pas de voitures dans un parking, mais de tweets et de notifications disposés à différents endroit dans un site web, et c'est là que ça devient intéressant, car dans ce contexte, il devient beaucoup plus difficile de certifier l'absence ou la présence d'une chose simultanément à une autre, alors que les mises en page sont mutuellement "exclusives" quand au contenu présenté... En réalité, lorsqu'on interroge correctement les témoins, (y compris ceux qui croient en l'inversion temporelle), on se rend compte qu'au lieu d'avoir constaté l'arrivée du tweet d'@oomo_toa avant celui de @jpazelle, ils ont en réalité d'abord vu celui d'@oomo_toa, puis, celui de @jpazelle. Je vous vois taper du poing sur la table en vous exclamant "Mais... heu ! C'est la même chose ! Triple buse !". Et non justement, ce n'est pas la même chose. Car une fois l'attention attiré sur une chose, on clique sur cette chose, elle devient notre centre d'attention, et on oublie complètement le reste. Et si on a pas la présence d'esprit de vérifier l'état des lieux par ailleurs, ce n'est qu'une fois que cette chose disparaît qu'o remarque enfin le reste. Et voilà ce que je suspecte qu'il s'est passé, pour TOUS les témoins de la scène.

Le témoignage de @jpazelle

@jpazelle, est "l'accusé", je vais le considérer honnête, et voici ce qu'il dit:

  • Tout a commencé lorsqu'Il a répondu a un tweet de @manuelOtroMundo. Il l'envoie, et quelques secondes plus tard, a vu arriver une notification de réponse. * Cette notification était le tweet perroquet d'@oomo_toa, dont il était un des destinataire (puisqu'il était dans la boucle de conversation).
  • Interloqué, il a cliqué sur l'avatar d'@oomo_toa tout en croyant qu'il s'agissait de son propre tweet (confusion mentale et présupposition qu'il s'agissait d'un bug)
  • Après investigation sur la page du compte @oomo_toa, n'ayant pas retrouvé le twitte en question, il retourne sur sa page d’accueil, et voir sa propre réponse.

A aucun moment @jpazelle prétends avoir vu le message d'@oomo_toa arriver avant le sien, il n'a même pas cherché à le vérifier, il a pensé sur le moment qu'il s'agissait d'un bug Twitter ayant interverti son avatar avec celui d'@oomo_toa. Son manque de maîtrise de l'outils informatique et de Twitter lui empêchant de faire les raisonnement de base: Il est sur sa page de notification, il ne peut donc s'agir de son propre messages, son propre message est fatalement invisible à cet endroit. Son témoignage ne permet pas de corroborer une inversion temporelle, mais décrit simplement une séquence de recherche et une découverte successive des différents éléments potentiellement déjà tous présents à ce moment là.

Le rapport de @FutEnFol

Continuons donc avec le témoignage de @FutEnFol, qui elle, soutient la thèse de la Delorean volante. J'ai réussi (avec grand peine) à lui soutirer les aveux suivants:

  • Puisqu'elle n'était pas dans la boucle de conversation des tweets, c'est au niveau de sa propre page d'accueil qu'elle a vu le tweet perroquet d'@oomo_toa
  • A un moment difficile à déterminer (sinon, trois minutes après réception), elle a pris une capture d'écran du message, mais on ne sait pas d'où exactement.
  • Interloquée, elle sélectionne donc le message pour l'isoler. C'est à ce moment que Twitter lui dit que le message en question n'existe pas. Il a été supprimé entre temps.
  • C'est seulement à ce moment là qu'elle va se réinsérer dans la conversation entre @manuelOtroMundo et @jpazelle et voir le tweet de @jpazelle.

Nous le savons, les tweets s'inscrivant dans une conversation ne s'affichent pas nécessairement dans la page d'accueil d'un suiveur, et à plus forte raison si le suiveur n'est pas explicitement mentionné dans la boucle. L'affichage d'un tel tweet est laissé à discrétion des algorithmes de Twitter. Le tweet d'@oomo_toa a très bien pu être rapporté dans sa page d’accueil, mais pas celui de @jpazelle, alors que les deux étaient peut-être bien présent à ce moment là. Aucune séquence précise quand à l'ordre d'arrivée des tweets n'est constatée à ce moment là, il s'agit seulement d'un ordre de découverte des éléments en présence, l'un après l'autre.

Les souvenirs de @manuelOtroMundo

@manuelOtroMundo a bien du mal à se souvenir avec précision ce qui s'est passé ce jour là, et c'est bien naturel.

  • Lui, a vu le tweet d'@oomo_toa depuis la page d'accueil du site, et non depuis les notifications.
  • Comme @jpazelle, interloqué par ce tweet anormal, il se précipite sur la page de compte d'@oomo_toa pour rechercher le tweet, mais il n'est pas, car il a déjà été supprimé entre temps.
  • A partir de là, les souvenirs de @manuelOtroMundo son flous, et il ne saurait reconstituer la séquence sans craindre de la refabriquer de toute pièce.

C'est là encore un témoignage intéressant, car au delà de la synthèse des souvenir telle que perçu à l'époque, et qui tends à décrire une arrivée successive des tweets, on se rend compte qu'en réalité il a, comme tout le monde à ce moment, et comme il est naturel de le faire, interagis avec le site web tweeter en allant sur la page d'acceuil du compte d'@oomo_toa, se privant de facto de constater la présence du tweet de @jpazelle, qu'il ne découvrira donc probablement qu'après avoir constaté que le tweet d'@oomo_toa avait disparu. On retombe sur le même problème: Pas de séquence d'arrivée constaté, mais un ordre de découverte successive des éléments en présence, le tout dans la confusion, par manque de maîtrise des outils, induisant des erreurs d'interprétation.

De la séquence interactive au souvenir fabriqué

Les témoignages synthétisés et résumés des différents témoins est intéressant à analyser. Dans leur version synthétique, ils disent que le tweet d'@oomo_toa est arrivé avant le tweet de @jpazelle. A ce titre celui de @manuelOtroMundo est "clair":

* A un moment un tweet m’est arrivé en me répondant mais il venait signé par OT (je ne comprenais pas et en plus le texte me semblait incohérent avec OT) * Rapidement le tweet est été effacé et presque qqs seconds plus tard est arrivé le même texte, mais cette fois ci dans un tweet signé par JP.

Les témoignages et les mots employés pour décrire ce qui a été "perçu" porte hautement à confusion et tend évidemment a renforcer l'idée d'un constat d'anomalie temporel. Dit comme ça, et lu ainsi, sans aller chercher plus loin, tout le monde a vu une Delorean volante, et tout le monde s'étonne de la présence de cet OVNI...

Or dans aucun de ces témoignage résumés et synthétique, n'est décrit la séquence de découverte interactive, c'est à dire la succession de navigation de liens en liens dans le site web Twitter qui peut aisément expliquer pourquoi un tweet a été vu avant l'autre, et pourquoi il ne pouvait pas en être autrement. C'est en discutant avec les témoins qu'on se rend compte qu'évidemment, ils ne sont pas resté plantés devant leur page d’accueil Twitter pour voir les événement se dérouler devant eux: Ils sont agit et interagit avec le site web, modifiant leur visibilité sur les éléments présent, et mettant de facto en séquence leur découvertes, recréant un scénario.

Non-conclusion

En réalité, cette fameuse séquence temporelle inversée a probablement été déduite d'une expérience subjective via l'exploration du site web Twitter et non via la constatation objective de l'arrivée séquentielle des deux tweets. Par ailleurs renforcé bien mollement par une analyse peu scrupuleuse de captures d'écran et d'horodatages à la louche. Autrement dit, la clef de voûte de la théorie, repose essentiellement sur vraiment pas grand chose et est plus probablement le résultat d'une reconstruction à posteriori pour faire coller les choses "comme ça nous chante"...

Est-ce que je sais, moi, si le tweet de @oomo_toa est arrivé, avant, après, ou en même temps que celui de @jpazelle ? Non, je n'en sais rien, je n'ai aucune preuve, aucun élément formel, juste des témoignages imprécis, des souvenirs datant de près de 2 ans, et des horodatages flous à deux ans d'écart: je ne m'avancerais pas à conclure quoi que ce soit. Je sais en revanche que la théorie de l'inversion temporelle est, elle, basée sur des biais de confirmation, des besoins de trouver un coupable facile, la culture méthodique de mauvaises interprétations subjectives, et l'ignorance volontaire de certaines incertitudes techniques.

Mais finalement, peut-être que la date du 25 octobre, n'a pas été choisie au hasard : http://backtothefuture.wikia.com/wiki/October_25

mercredi 22 novembre 2017

Exocontact et perméabilité psycho-immunitaire

E.T est-il vraiment plus sain d'esprit que nous et nos dirigeants ? Voilà une question que peu se posent réellement lorsqu'on parle de contact avec des extraterrestres. Au fond l'être humain terrestre est (comme à son habitude) coincé entre deux options naïves relatives à son inexpérience et sa vision candide de l'univers. Soit E.T est pacifique, et comme il est pourvu d'une technologie propre à nous atomiser, et qu'il ne le fait pas, il est donc super gentil et super sage, tel le christ réincarné (et il est donc là pour nous sauver)... Soit E.T est méchant, et dans cas, il va, en toute logique adopter des attitudes hostiles et manifester des stratégie militaristes identifiés comme le débarquement massif, l'encerclement de la planète par une armée de soucoupe volantes, ou carrément faire exploser une ville en guise de coup de semonce... Partant de là, si E.T accepte de vous parler et de vous sourire, c'est qu'il est gentil et vous respecte. Si il refuse de vous parler et qu'il sort un pistolazer, c'est qu'il est hostile. Le cinéma a achevé d'enfoncer le clou de ces archétypes caricaturaux et naïfs par des films comme Alien, Predator, Rencontre du IIIème type, Starman, Independence Day...

Le Pied Dans La Porte

Le problème, c'est que les politiciens savent sourire, ils parlent bien, les vendeur d'aspirateur à domicile aussi, ainsi que les courtiers en assurance vie. Autant de catégories de personnes dont les objectifs sont purement égoïstes mais qui savent parfaitement tirer partie de votre naïveté pour avoir l'air altruistes et en prime, obtenir de vous ce qu'ils souhaitent. C'est la catégorie des manipulateurs, des roublards, des rois de d'entourloupe. Rare sont ceux qui envisagent E.T capable d'êtres d'aussi infâmes saloperies que nos politiciens véreux, ou ce connard qui nous a fait souscrire à une assurance vie. D'ailleurs, E.T joui souvent par défaut d'une sorte de blanc-seing divin, d'aura christique et magique, le rendant par définition incapable d'être une saloperie vénale et manipulatrice. Sauf que voilà, si E.T est vraiment très intelligent, vraiment plus évolué que nous, nous somme pour lui comme des être primitifs à la psychologie rudimentaire, aux réactions prévisibles. E.T saurait par définition exactement comment nous vriller le cerveau, se foutre de notre gueule, comment profiter de nos failles logiques, de notre naïveté. E.T est potentiellement le meilleur vendeur de téléachat, le plus talentueux publicitaire, le plus doué des commerciaux, la meilleur incarnation du stratège politique que vous n'ayez jamais rencontré: il est capable d'aller plus loin et de faire plus fort que tout ce que vous avez connu jusqu'ici.

Oui Comme In Pisse

Mars Attacks de Tim Burton est un des rare films hollywoodien à prendre la tangente par rapport à la norme binaire, et applique paradoxalement la caricature jusqu'à l'absurde, comme pour mieux se camoufler. Il s'agit bien d'une caricature, mais pas n'importe laquelle. Une lecture superficielle nous donne à voir un presque-navet mettant en scène la parodie d'une banale invasion extraterrestre à la Independence Day. Le spectateur en quête de frisson est déçu, le film ne fait pas peur, il est absurde, le spectateur en quête de rêve fantastique est dégoûté, les extraterrestres sont moches bêtes et méchants, l'intrigue parait d'une pauvreté époustouflante. Le spectateur averti se régale, car le film est un portrait satirique de l'état de la société humaine, et la démonstration de tous les pièges dans lesquels elle est susceptible de tomber en cas de contact avec des extraterrestres. Les personnages archétypaux permettent d'explorer différentes couches et secteurs culturels de la société, qui toutes ou presque, tombent moins dans le piège grossier tendu par les extraterrestre, que dans celui de leurs propres préjugés, de leurs espoirs et de leur orgueil. Dans ce scénario, l'extraterrestre n'a même pas besoin d'être subtile car l'humanité est tellement bête, présomptueuse et naïve qu'elle se tire elle-même une balle dans le pied à chaque étape, niant jusqu'au bout l'évidence par le truchement d'interprétation détournée, plus plaisante que la brutale réalité: E.T ment, il est moche, bête et méchant.

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Le personnage du Professeur Donald Kessler est probablement le plus intéressant du film quand on fréquente la sphère ufologique, car le Professeur Donald Kessler est peu ou prou l'archétype de l'ufologue. Homme de science, rationnel, sur de lui, pensant que sa science, sa méthodologie et son rationalisme le place hors de danger vis à vis des pièges de l'esprit. Il s'estime capable de comprendre l'extraterrestre du fait qu'il s'estime lui-même plus intelligent que ses congénères, et considère que l'extraterrestre, fatalement plus évolué que nous, est par définition pacifique, bienveillant et moral. C'est lui, qui jusqu'au bout réussira à convaincre ses congénère que tout ceci n'est qu'un malentendu culturel, persistant à voir en l'extraterrestre ce qu'il n'est pas, trouvant des raisons confinant à l'absurde pour expliquer en quoi et pourquoi les comportements de l'extraterrestre ne doivent pas êtres interprétés comme hostiles. Il finira par servir de cobaye aux extraterrestres qui trouvent sans doute son obstination aussi amusante que son ego démesuré.

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Une autre grande tendance est représentée par le personnage de Barbara Land, l'hippie fan de New-Age, persuadée que les extraterrestres sont là pour sauver l'humanité. Archétype de l'individu en déphasage avec le monde qui l'entour, idéaliste, déçue par l'humanité et la société... Elle attend un sauveur venu du ciel pour améliorer sa condition et celle de l'humanité, elle rêve d'évolution de conscience, de paix et d'amour. L'extraterrestre est pour elle la promesse d'un avenir meilleur, une voie de sortie, un sauveur venu ouvrir les yeux de ses congénères et faire accéder l'humanité à nouvel état de conscience éclairé. La première confrontation avec les extraterrestres sera pour elle l'occasion d'une grande déception. Néanmoins, contrairement au personnage de Donald Kessler, bien qu'elle s'avère très naïve au premier abord elle percevra immédiatement les intentions hostiles des extraterrestres, se bornant à observer les faits, et fera partie des rares personnages à survivre en un seul morceau à cette invasion.

Les autres personnages ne sont pas moins succulents. Le président des état-unis magistralement interprété par Jack Nicholson, désemparé et à la merci de ses conseillés, tantôt scientifiques tantôt militaires, incapable d'évaluer la situation par ses propres moyens. Le General Casey, préféré comme ambassadeur pour son pacifisme, sera le premier personnage humain du film à mourir. Le Général Decker son exact opposé, belliqueux, paranoïaque, sera mis à l'écart jusqu'au bout à cause de son caractère manifestement trop soupe-au-lait. Lui n'est pas sûr de son cerveau et de son rationalisme comme le Professeur Kessler, mais sûr de ses armes et de sa puissance de feu, et il finira occis compte tenu que ses tactiques "force brute" ne sont pas plus efficaces que les tentatives de négociation hallucinées du Professeur Kessler.

La manipulation mentale et l'Ingénierie sociale comme arme

La première tactique dont vont user les extraterrestres de Mars Attacks pour tromper l'humanité est d'une grossièreté déconcertante: débarquer en affirmant "nous venons en paix". L'actions belliqueuse qui suivra immédiatement cette déclaration déclenchant une injonction paradoxale faisant entrer les cerveaux dans une impasse et un état d'exception logique: C'est le bug cérébral. Il est intéressant d'analyser que dans le film, certains personnages s'attendent tellement à entendre cette phrase, ont un tel désirs d'entendre cette phrase, qu'ils mettront longtemps (voir n'arriveront jamais) a réaliser qu'il s'agit d'un mensonge pur et simple. On constatera également que ce sont les personnages les plus éduqués et sophistiqués qui seront les plus vulnérables à cette tactique, se torturant le cerveau sans fin pour essayer de comprendre, ou plutôt, pour essayer de faire coller leurs désirs avec une réalité désespérément incompatible. Les personnages moins instruits, représentants des couches pauvres et populaires de la société perçoivent immédiatement le problème, ils ne sont pas sensibles au discours, et mues par un réflexe de survie primaire et une analyse de la situation dénué de toute sophistication, ils se bornent à analyser les actes, et fuir pour survivre ou combattre et périr. Aussi, le film met l'accent sur le caractère parfaitement inefficient de la technologie pour combattre les extraterrestre, même la plus rudimentaire. En effet, Tim Burton a poussé l'image jusqu'à faire mourir bêtement tous les personnages usant d'une arme à feu. Seul un boxeur, combattant au corps à corps arrive à leur tenir tête (un temps seulement), quand à ce qui viendra finalement à bout des extraterrestres, c'est un élément absurde, décontextualisé, découvert par hasard.

Comment ne pas voir que nous sommes désespérément vulnérables à de simples tactiques de manipulation ? Les espoirs que nous plaçons en l’extraterrestre, la confiance démesurée qu'on lui accorde par défaut, le désir profond de communion et d'échange, la recherche ou l'attente d'un sauveur, d'un plus sage que nous, sont autant de failles béantes facilement exploitables par n'importe quelle ethnie extraterrestre un tout petit peu maligne. Et Mars Attacks est une caricature, l'expression grossière d'un scénario grossier, qui paradoxalement, pourrait déjà presque marcher. Alors quelle serait nos moyens de défense face à des tactiques plus rusées, émanant d’entités patientes, œuvrant sur des décennies voir des siècles, pour préparer leur venu, et justifier, auprès d'une population subjuguée, leur supériorité et leur devoir morale de sauver l'humanité d'elle-même ? Car évidemment, une ethnie intelligente et maligne pousserait la technique du "nous venons en paix" jusqu'à son paroxysme, en une sophistication qui irait au delà de ce que tous les Professeurs Kessler de la terre pourraient imaginer: Ils sauraient tirer partie de la moindre de nos faiblesse, nous induire à nous détester nous-même, à réclamer nous-même qu'on nous vienne en aide, à réclamer qu'on nous emprisonne. Comme un individu sain d'esprit qu'un psychiatre arriverait à persuader à ses propres yeux qu'il est fou, au point qu'il se livre de lui-même à l’hôpital psychiatrique pour s'enfiler tout seule une camisole de force... Pensez-vous qu'un extraterrestre vraiment intelligent n'arriverait pas à faire ça ? Il le peut, il a la technologie, il a le savoir-faire, il a la science pour le faire... Toute la question est de savoir si il en a l'intention et comment nous pouvons nous prémunir contre ce genre de chose.

dimanche 29 janvier 2017

Un mandataire sachant mandater

Savez vous ce qu'est un mandataire ? Bien-sur que vous le savez, c'est écrit dans le dictionnaire:

En droit, un mandataire est une personne qui reçoit, d'un mandant, le mandat de faire un ou des actes juridiques en son nom et pour son compte.

Spécifiquement, un mandataire social est une personne physique mandatée par une personne morale (société, entreprise, association…) pour la représenter vis-à-vis de tiers.

En informatique, un serveur mandataire est un serveur qui a pour fonction de relayer différentes requêtes.

En automobile, un mandataire automobile est un intermédiaire qui agit pour le compte de particuliers, auprès de concessionnaires-distributeurs.

Pourtant ce mot anodin s'est retrouvé au coeur d'une énigme et éventuellement le détonateur d'une réaction en chaîne imprévisible. Si le dictionnaire nous explique ce qu'est un mandataire sur le plan juridique, dans une acceptation général, en informatique et dans le cas des concessionnaires automobiles, il n'est jamais évoqué le cas de contacts via chaîne de proxy avec des extraterrestres. C'est vrai que le cas est relativement peu courant - quoi que ça dépende dans quelle réalité vous évoluez - et on comprend que le dictionnaire ne s'étale pas sur cette variante du concept. En fait, dans le langage courant, on parlerait probablement d'avantage d'intermédiaire ou de délégué je crois, mais je n'en suis pas sur.

L'histoire que je devrais raconter est horriblement longue, car elle commence même avant ma naissance en réalité, mais pour éviter d'avoir à faire la synthèse d'un historique de 50 ans, je vais placer le point de départ de l'histoire là où elle commence à me toucher plus directement.

Tout commence donc par l'apparition d'un OCNI (Objet Communiquant Non Identifié) sur un réseau social virtuel très connu. En fait, c'est l'OCNI qui m'a contacté, si on peut dire. Disons qu'il a, par les moyens mis à disposition par ce réseau social, silencieusement manifesté un intérêt pour moi suite à une blague que j'ai fait, évoquant un thème particulier: un script a probablement détecté le mot magique qui fit de moi une cible potentielle d'un obscure protocole... Au début c'était calme, j'observais l'OCNI interagir avec le monde extérieur, discrètement, ne sachant pas bien si c'était du lard ou du cochon. Mais après un certain temps, disons un an, des gens ayant identifié l'OCNI comme potentiel interlocuteur exotique lui ont fait la conversation, et moi aussi d'ailleurs, histoire de tester un peu mon interlocuteur, voir ce qu'il avait dans le ventre...

C'était pas inintéressant et au moins ça pouvait s'avérer amusant, tant qu'on restait dans cette forme intéressante de communication en zone floue, comme deux touristes qui se parlent, mais ça n'a malheureusement pas duré très longtemps... Peu de temps après, tout s'est enchaîné, voir déchaîné, car sont arrivés les ufologues, les vrais, les purs, les durs, plus précisément, le groupe d'analystes spécialement dédié au groupe d'OCNI dont prétendait faire partie cet OCNI particulier. Et à partir de là, c'est un peu comme lorsque George Clooney est identifié en train de boire un café dans la boutique Nespresso des Champs Elysées: Un attroupement de foule se forme, tout le monde veut un autographe. Au début j'ai trouvé ça drôle, mais peu à peu, j'ai quand-même eu l'impression que les ufologues me volaient mon jouet et étaient en train de le dénaturer, car, voilà qu'on pouvait parler métaphysique et création de réalité avec Dieu sait qui (on s'en fout en fait), mais les ufologues sont arrivés pour lui demander de quelle couleur était le ciel de sa planète et si ils avaient bien six doigts (je caricature, mais à peine), tout en s'accaparant l'OCNI, forts de leur science avancée dans l'analyse de l'authenticité de... Dieu sait quoi.

Je vous passe les détails, mais disons que l'existence de l'OCNI a finit par se savoir dans un cercle un peu plus large, ramifiant parmi diverses communautés de chercheurs en plus du groupe d'analyste spécialisé. D'ailleurs moi, comme j'aime bien mettre mon grain de sel, j'ai fini par indirectement faire participer d'autres analystes au grand jeu concours de "Qui c'est qui, qui aura droit à une réponse à sa question bête de la part de l'OCNI ?". Car il ne faut pas le nier, si l'OCNI perpétrait éventuellement un troll d'un nouveau genre avec étude sociologique combinée, moi, je n'en ratais pas une miette et je profitais de l'occasion pour assouvir ma curiosité en matière de sociologie, de psychologie, et de perforation des préjugés. Si je ne pouvais plus papoter métaphysique, je pouvais au moins m'adonner à mon autre hobby: l'observation de mes congénères et le troll à mon niveau.

En parallèle, j'observait l'évolution étrange des productions htmlo-poético-artistiques qu'un Ethnomethodologue (oui, rien que le qualificatif est exotique) connu dans le milieu des analystes spécialisés des OCNI au sigle non-évocateur ( )+( Non, ce n'est pas un Tie fighter... ) pour avoir été involontairement aspiré dans cet étrange dossier suite à la manifestation de...Dieu sait quoi... dans le cadre d'un truc incompréhensible dont on retiendra surtout que ça a provoqué un psychodrame d'une ampleur que je ne m'explique toujours pas (sans doute parce-que je ne suis pas un analyste spécialisé). Car pendant que l'OCNI s'exprimait - ou cessait de s'exprimer - sur le réseau social, l'Ethnomethodologue semblait produire comme une sorte de miroir de ce qu'exprimais l'OCNI... signifiant donc - si ce n'était pas une coïncidence - que l'Ethnomethodologue suivait lui aussi le déroulement de cet étrange manège. Alors je me suis dit: Allons, tentons de contacter cet Ethnomethodologue inaccessible pour lui demander ce qu'il en est, ce qu'il en pense, et si il sait des choses, et si il a un rôle là dedans. Et longtemps après, il a fini par me répondre ceci (reproduction partielle):

Un suivi interne, lors de consultation par les membres producteurs et externe par les interprétants, les faussaires, les mandataires et en parallèle avec la source. Pas d'implication directe de ma part mais une mise en délégation pour une participation indirecte.

(...)

Peut être vu comme un processus d'apprentissage systémique (avec boucles de rétroaction, sur l'individu, le microgroupe et le macro groupe) impliquant plusieurs dimensions et cibles simultanées, en réaction à des intervenants (pris pour cible ou en conflit entre eux) engagés dans l'affaire SBF, et qui prolonge l'affaire SBF d'une manière différente et par d'autres voies.

Voilà, voyez-vous, c'est en gros avec ça que j'étais censé me débrouiller, des membres producteurs, des interprétants, des faussaires, des mandataires et une source. Au mieux aura-t-il confirmé ce que j'en soupçonnais déjà: C'était affreusement compliqué et à la mesure de mes plus folles théories... C'était d’ailleurs un problème pour moi, car je cherchais une sorte de mur sur lequel faire buter mes modélisations théoriques, une limite, quoi... Et lui a fait exactement le contraire, il a abattu les limites. Je n'étais plus en face de deux ou trois protagonistes, mais d'un réseau complexe où le rôle de chacun était à déterminer, voir à identifier. Car il est une chose déjà difficile de replacer des protagonistes dans les cases correspondantes, il en est une autre de savoir à quoi correspondent les cases à remplir. Si vous ne savez pas à quoi correspond la case "mandataires" ou "membres producteurs", vous pouvez bien y mettre qui vous voulez, ça ne résoudra pas votre problème. Quand au "processus d'apprentissage systémique", là c'est open-bar, prenez le cocktail de votre choix...

Du coup j'ai soumis l'énigme à quelques contactes privilégiés parmi les acteurs-spectateurs-commentateurs du manège, hors du tumulte des analystes spécialisés, avec lesquels je gardait la distance qu'ils tenaient finalement eux-même à garder avec le reste du monde (on ne rentre pas comme ça dans le cercle des initiés)... Et tous ont eu à peu près le même raisonnement que moi:

Les faussaires on peut voir ce que ça peut être, mais qui est-ce exactement ? La source on devine ce que c'est. Les interprétants bon ben c'est nous, les ploucs. Mais c'est quoi les membres producteurs ? Et Les mandataires, mais fichtre, qu'est-ce qu'ils viennent faire là ?

Evidemment, se posait la question de la pertinence de l'Ethnomethodologue: Savait-il vraiment de quoi il parlait, ou est-ce qu'il nous racontait juste des trucs pour enfumer encore plus, voir, tout simplement pour se la péter ? (je n'ai jamais perçu la moindre arrogance de la part de cet individu, mais tout le monde semble en voir... comme j'ai une perspective bizarre, après tout, je ne vois peut-être pas correctement ). En attendant que les choses évoluent ( dans un sens indéterminée ) je gardais sous le coude et dans un coin ce témoignage énigmatique tout en surveillant le manège, participant ici et là, en tant que touriste agitateur, tantôt pour, tantôt contre.

A ce moment de l'histoire il est bon de dessiner une carte de la géographie sociologique du système intergalactique de l'OCNI du réseau social. Autour de l'OCNI gravite de nombreuses personnes évidemment, mais nous allons identifier en gros deux galaxies (que je connais: les autres, c'est un mystère). D'une part les analystes spécialisés, constitué d'opinions assez homogènes, et bien que partageurs, préfèrent garder leurs débats dans leur coin et discuter entre eux. Ils ne sont pas très faciles d'accès, ils sont très sérieux, très studieux, très spécialistes et donc un peu élitistes... De l'autre, nous avons la galaxie que j'appelle Les Animaniacs, qui gravite principalement autour d'un blog à l'ambiance plus légère et ouverte, tenu par une analyste indépendante. Cette galaxie est constituée d'opinions beaucoup plus hétérogènes et le théâtres de débats et commentaires éclectiques. C'est une galaxie de non-spécialistes, peu studieux, voir carrément turbulents (voir malade mentaux en fait, on se demande). Ces deux galaxies se mélangent mal bien qu'elles communiquent, car les spécialistes sont très sérieux et très enthousiastes, tandis que les Aniamiacs ont du mal à se prendre au sérieux, pas vraiment studieux, et vont de l'hyper-enthousiasme fanatique au scepticisme pur et dur avec toutes les nuances de fluo qui existent à coté. En ce qui me concerne, je gravite principalement dans la galaxie des Animaniacs, en fait, je suis un Animaniac.

Il se passa des mois et pas mal de choses qu'il serait inutile de détailler ici, tant il faudrait entrer dans les détails du contexte de l'affaire dans sa globalité pour qu'elles prennent sens. Résumons simplement: D'une part, un des analystes spécialisés à publié un livre en rapport avec cet OCNI de réseau social et ses révélation fracassantes concernant l’effondrement financier global (j'écrirais peut-être un article là dessus, ça mériterais qu'on s'y arrête)... Et dans la foulée, de nouvelles "lettres" attribuées au groupe d'OCNI furent révélée au groupe d'analystes spécialisés. Mais ces "lettres" posaient quelques problèmes de cohérence avec le reste du dossier. Le groupe d'analystes spécialisés a donc décidé de poser la question à l'OCNI du réseau social pour savoir ce qu'ils devaient penser de ces incohérences: Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux, pourquoi ces bifurcations ?. Et l'OCNI a répondu, il a répondu truc incompréhensible, mais avec un mot très intéressant...

Le texte entier peut être validé* ou disqualifié par chacun des deux mandataires suggérés dans la missive précédente.

*contenu à usage filtrant?

Vous avez vu la galipette, là ? Même moi j'ai du mal à en faire des comme ça, pourtant je suis souple... Bon, si tout le monde fut un peu frustré de cette réponse compte tenu qu'elle n'explique à peu près rien et qu'on peut l'interpréter dans toutes les directions qu'on veut, moi elle m'a tapé dans l’œil et elle m'a fait rire (les galipettes ça me fait rire). Et évidemment, nombreux se sont demandés, en dehors de savoir ce que pouvait être un contenu à usage filtrant, ce que foutait le terme "mandataires" dans ce contexte. Bah, moi je l'avais déjà vu, ce terme mandataires, alors je leur dit à tous: Faut demander à l'Ethnomethodologue ! ça sent le jargon d'Ethnomethodologue ça, j'y connais rien, mais lui il doit savoir. Autant dire qu'évoquer l'Ethnomethodologue dans ce contexte c'était un peu comme évoquer la sorcellerie dans une conférence de Zététique... l'Ethnomethodologue d'ailleurs, j'avais remarqué qu'il commençait à bouillir et produire des choses bizarres sur sont blog en Html-1.0, mais pour le coup, je ne m’attendais pas à ce qui allait se passer.

D'une part, environ 24h à 48h plus tard, l'OCNI du réseau social supprima sa galipette avec le mot "mandataires", pour la réécrire exactement pareil, mais cette fois avec un mot, disons, plus neutre que "mandataires"... Alors évidemment, ceux qui n'ont pas suivit n'y ont probablement vu qu'une correction mineur et sans importance notable, mais vu de chez moi, ça clignotait rouge écarlate. Déjà, même si l'OCNI n'était pas exempte de faire des erreurs, il lui arrivait très rarement de supprimer un de ses messages pour le corriger, mais en plus, c'était là pour corriger le fameux mot qui m'avait tapé dans l'oeil. Là c'est sur, il s'était passé quelque chose, mais quoi ? D'autre part, quelques jours plus tard, l'Ethnomethodologue a produit une oeuvre poético-symbolique d'une nature tout à fait innovante et bourrée de signifiants qui allait marquer le point de départ d'un nouveau paradigme dans cette affaire: Les deux énergumènes, NRphage et Tweetivore face aux contraintes du nouveau jeu de rôle multi-joueurs

Ayant remarqué le passage de la comète lancée par l'Ethnomethodologue, j'en fit part aux autres Animaniacs, et la nouvelle sera finalement rendu d'avantage publique. Les réactions furent... étrangement, absentes. Je m'attendais à une véritable révolution, surtout du coté des analystes spécialisés, mais il n'en fut rien en réalité, car il semble qu'ils ne veulent même plus entendre parler de lui tant celui-ci fut un des centres du psychodrame qu'on appelle "L'Affaire SBF". En tous cas, ils en ont peut-être parlé entre eux, dans leur temple dédié, mais je n'en ai rien vu. Pour ceux qui avaient foi en l'OCNI, l'Ethnomethodologue n'était qu'un fabulateur, pour ceux qui voyaient en l'OCNI un faussaire, on le soupçonnait d'en être carrément à l'origine... Au fond j'avais du mal à comprendre en profondeur les diverses réactions vis à vis de l'Ethnomethodologue.

Ceux que ça intriguait le plus étaient les Animaniacs, et de débat en débat, j'ai finalement émit l'idée d'entamer un dialogue avec l'Ethnomethodologue. Evidemment, les choses étaient trop simples et pas assez amusantes si tout ça avait été fait par E-mail et consultations privées, j'ai donc eu l'idée d'établir un contact d'un genre un peu particulier, en accord avec le mode de communication de l'Ethnomethodologue, c'est à dire par blog interposées et via des contextes et des personnages transposées. Idée validée, c'est la taulière du blog, qu'on nommera Alice, qui communiquera avec l'Ethnomethodologue, avec une assistance de ma part pour faire quelques compléments de traductions, des fois que. L'idée était loufoque, et le résultat pas du tout garanti, mais néanmoins, l'Ethnomethodologue se prêta au jeu, et répondit avec d'autres énigmes...

Difficile d'y voir clair, même si les choses commençaient à prendre forme. A vrai dire on pourrait même se demander pourquoi faire autant de mystère ? Si il est question de services de renseignement, pourquoi ne pas les désigner plus clairement ? Encore une fois, les rôles et leurs cases étaient difficiles à remplir, mais on commençait à entrevoir une histoire souterraine insoupçonné jusqu'ici. Etait-ce réellement très complexe, ou bien tout ceci était il rendu artificiellement complexe par l'Ethnomethodologue ? C'est vrai que dans ce dossier, on fini par s'habituer aux propositions impossibles à trancher, on apprend à naviguer dans la zone grise entre le "vrai" et le "faux", suspendu à l'incomplétude. J'ai même fini par y prend goût.

Mais l'Ethnomethodologue ne s'arrêta pas là, et un tout nouveau schéma se dessinait, une sorte d'écho aux premières informations fournies, mais toujours sous forme énigmatique, encodées, ou en variantes mémétique.

Ca, il faut être sportif pour suivre et je réalise au moment où j'écris ces lignes, que quiconque n'a pas eu connaissance de la mise en place de ce protocole de communication non-ordinaire, de son contexte, à la fois présent et passé, doit percevoir tout ceci comme une sorte de commentaire sur les conversations que peuvent avoir des schizophrènes entre eux. C'est pas loin d'être impossible à comprendre. Aussi, je crois, avais-je pressentis la tournure que ça allait prendre en songeant à cette scène avant même les premières réponses de l'Ethnomethodologue. C'est vrai qu'on pourrait se poser la question en fait... et si tout ceci n'était qu'une histoire de fous au sens propre du terme ?

ummo-troll-d.png Et pendant tout ce temps, l'OCNI ne communiquait plus. Oui car finalement, tout ça ça concerne cet OCNI, qu'on aurait presque oublié avec tout ça... Entre les mandataires, les faussaires, les contactés, les pieuvres et les langoustines, on ne sait toujours pas vraiment qui est qui, quel est le rôle de qui, et on a même pas évoqué les Ephemeropteras ni les Brundle Mouches d'Interface Linguistique...

Dire que des gens achètent des Rubik's Cube, des casse tête chinois, des jeux vidéos ou des romans pour occuper leur mornes soirées... Alors qu'il suffit d'être simplement aspiré par l'Affaire UMMO et son improbable "réseau de rétro-action", comme dirait l'autre. Alors est-ce que tout ceci est terminé ? Avons-nous finalement, d'une certaine manière, le fin mot de cette histoire ? l'OCNI serait... un "contacté faussaire" qui parle trois langues, connait le dossier sur le bout des doigts et aurait accès à des informations à priori privés sur certains membres de la communauté des analystes spécialisées ? Un gigantesque troll qui dure depuis 4 ans ? Car les analystes spécialisées ne sont certes pas étouffés par les précautions, mais ils évitent tout de même de tomber dans le premier piège venu, et il semble que l'OCNI leur ai fournit, d'une certaine manière, la preuve qu'il était bien un interlocuteur authentique.... Comment un vulgaire troll ferait-il celà ? Si c'est un troll, c'est du lourd, de l'institutionnel... Mon intuition me dit que non, ce n'est pas terminé, et que tout ceci n'est qu'une étape, voir une circonvolution débouchant sur quelque chose d'encore plus bizarre.

Voir aussi:

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