Deux bibles et Trois Dieux

En parcourant les divers articles "dissidents", je suis tombé sur un dossier concernant, peu ou prou le créationnisme, la genèse, et les tablettes sumériennes. Voir l'article en question ici: CREATIONNISME : La Genèse contre les conneries des tablettes sumériennes, par Laurent Glauzy

L'article prends un parti pris assez clair en faveur d'une bible qui serait divinement révélé, exempte d'influence "terrestre" et antérieures. Les relations avec les mythes antérieurs sont balayés d'un revers de main pour ériger l'ancien testament en oeuvre sacrée et parfaite. J'y ai par ailleurs lut des phrases (surtout une) qui m'ont fait toussoter. C'est pourquoi j'écris cet article, pour y répondre.

La religion ça se discute

Je ne suis pas anti-religieux, ni même athée, mais je suis un "mauvais croyant", car selon moi, les religions sont discutables, critiquables et j'en ai étudié - au moins superficiellement - plusieurs. Je ne peux pas en vouloir à Laurent Glauzy de tenter de juguler ce qu'il perçois comme une tentative de détruire certaines identités culturelles, puisque dans le fond il a raison et il y'a bien certaines influences qui s'affairent dans ce sens là, et c'est pourquoi je ne suis pas anti-religieux et que je laisse à chacun le loisir de croire ce qu'il veut et de pratiquer la religion qui lui va bien. Seulement, de mon cotés, les choses sont plus complexes, car les religions comme les mythologies sont pour moi les résultats de nombreuses influences: Je ne prétend pourtant pas qu'elles soient toutes de nature "terre-à-terre".

J'ai d'un coté certaines - croyance n'est pas le bon termes - opinions religieuses, certaines suspicions sur des sujets peu abordés, et de l'autre je perçois la nécessité de sauvegarder les identités culturelles. Je suis donc dans une position un peu paradoxale, pour ainsi dire "le cul entre deux chaises" et plutôt dans le "faites ce que je dis, faites pas ce que je fais". Je m'en tiendrais donc à ce que je juge être ici l'essentiel, même si cet "essentiel" est susceptible de heurter des croyants, et je sais que de nombreuses personnes pourraient juger mes analyser très "hérétiques" bien, qu'elles seront présentées ici de manière la plus neutre possible. Néanmoins, je ne suis pas neutre, comme je l'ai dit, j'ai certaines "opinions", j'ai donc mes préférences, je ne m'en cache pas.

Un peu d'histoire

Encore trop souvent, j'observe ce que j'estime être à titre personnel la plus grosse erreur religieuse de notre ère (de notre région du monde), à savoir la croyance que la bible chrétienne serait d'un seul bloc cohérent et "voulu ainsi par Dieu". C'est théoriquement la définition même d'un "livre saint", mais c'est un peu vite oublier les faits historiques avérés, et notamment que la bible est - et ça n'a rien d'un secret - en réalité constituée de deux ouvrages: L'ancien, et le nouveau testament.

Ce qui est encore plus ignoré - mais toujours pas secret - c'est que la forme actuelle de la bible chrétienne date de quelques trois-cent ans après la mort présumé du christ. Pas trente, trois-cent. Certains ne semblent pas se rendre compte de ce que ça représente. La bible chrétienne telle que nous la connaissons est sans la moindre équivoque une création humaine (d'autant que les évangiles eux-même sont des rapports de témoins).

Toujours ignoré - mais pas plus secret - le contenu du nouveau testament - c'est à dire la sélection des évangiles canoniques, épîtres, etc... - date de cette époque lointaine après les faits supposés, et de nombreux évangiles et documents ont étés détruits pour que ne subsiste que le dogme choisi par les conciliaires de l'église romaine et ce, de manière tout à fait arbitraire.

Les deux bibles et les deux "Dieu"

Marcion, qui vécut bien avant le concile de Nicée (celui qui donnera naissance à l'église de Rome), est le premier - connu du moins - a avoir soulevé ce lièvre, alors que de nombreux protagonistes du christianisme balbutiant s'appuyaient abondamment sur l'ancien testament, à savoir la Torah juive.

Se fondant uniquement sur l’Écriture, il développe sa propre doctrine qui rompt avec la tradition juive : du contraste absolu qu'il décèle entre la Loi juive et l'Évangile, il conclut à l'existence de deux principes divins — Dieu de colère de la Bible hébraïque et Dieu d'amour de l'Évangile — dont celui des textes chrétiens est le Dieu suprême. Celui-ci est le père de Jésus-Christ qui est venu pour abroger la Bible hébraïque et le culte de son démiurge. Pour Marcion, Jésus n'est pas le messie attendu par les Juifs, ni né de la Vierge Marie : il est apparu à la quinzième année du règne de Tibère sans avoir connu ni naissance ni croissance et sauve l'homme en le rachetant par sa mort.

source: wikipedia

Les opinion de Marcion n'ont pas influencé l'église de Rome. On pourrait se demander pourquoi. Parmi le christianisme naissant, les sectes dite Gnostiques avaient à ce sujet la même opinion, exprimé sans la moindre complaisance :

Qu’il est grand, en effet, l’aveuglement de ceux qui lisent et ne l’ont pas reconnu ! Et il a dit : « Je suis le Dieu jaloux, je reporterai les péchés des pères sur les fils jusqu’à trois et quatre générations ». Et il a dit : « Je leur ferai épaissir le cœur et je leur rendrai l’intellect aveugle afin qu’ils n’aient pas l’intelligence ni ne comprennent ce qui est dit ». Mais ce qu’il a dit là, c’est pour ceux qui croient en lui et qui lui rendent un culte. Et dans un autre passage Moïse écrit : « Il a fait du serpent “le Diable”, pour ceux qu’il a dans son engendrement ».

Source: LE TÉMOIGNAGE VÉRITABLE (NH IX, 3)

Rappelons au passage que les gnostiques ont, eux aussi, été exclus du "canon" de manière toute à fait arbitraire. C'est tout d'abord par Irénée de Lyon - et c'est LUI qui les nommait "gnostiques" - que nous les connaissions avant qu'on ne remette la main sur quelques textes de source "gnostique" et d'époque (Bibliothèque Copte de Nag Hammadi). Les dits "gnostiques" ont précédés, eux aussi, le concile de Nicée et donc l'église catholique.

Si les doctrines de Marcion comme celle des gnostiques sont discutables et critiquables, il est en revanche une chose que de mon point de vue on ne peut pas leur enlever, c'est que le Dieu de l'ancien testament n'est pas le Père décrit dans le nouveau testament et que l'ancien testament tranche radicalement avec les évangiles.

Cette tendance à soustraire l'ancien testament a perduré jusqu'à très tard dans l'histoire du christianisme, on la retrouve jusqu'aux cathares, au moyen-age. A ce propos, certains auteurs prétendent que le catharisme serait une sorte de "complot" visant à judaïser le christianisme, entre autre en éludant le dogme de la sainte trinité. Je ne saurais remettre en cause ce genre d'analyse, faute de les avoir consulté, mais je peux en revanche faire une observation qui elle, n'est pas réfutable: L'ancien testament est d'origine juive, et le point commun entre Marcion, les gnostiques et les cathares (et bien d'autres !), c'est qu'ils ont décidés de rejeter formellement l'ancien testament pour ne s'en tenir qu'aux évangiles et à l'enseignement du Christ...

Des sources du déluge biblique

Si Laurent Glauzy parle des tablettes sumériennes dans son article, j'ai pourtant l'impression qu'il n'a pas beaucoup étudié le dossier. Pourtant, contrairement à ce qu'il prétend, le sujet vaut plus que la peine d'être étudié. Néanmoins, même sans avoir connaissance des fameuses tablettes sumérienne, on peut se poser quelques légitimes questions à la lecture scrupuleuse de l'épisode du déluge.

Aussi, pour rebondir sur une phrase qui m'a choqué, Laurent Glauzy dit je cite "Le Dieu de la Bible est saint, pur et immuable".... Houlala ! oserais-je dire. Je peux comprendre de sa part, comme de la part de n'importe quel croyant sincère une telle affirmation. Pour des raisons qui sont les miennes, elle provoque néanmoins une certaine colère.

Mon objectif n'est pas d'ébranler la foi de Mr Glauzy pas plus que celle des autres croyants, néanmoins, c'est que je me sens obligé de faire, et à mon sens, tout à fait salutairement. En tout premier lieu, on peut se demander, que penser d'un Dieu qui provoque un déluge ? Mais plus intéressant et troublant, que penser d'un Dieu qui le fait, sous des prétexte évoqués par la bible elle-même ? Voyons voir:

6.6 L'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son coeur.

6.7 Et l'Éternel dit: J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits.

Voilà un Dieu transcendant et immuable bien étrange puisqu'il admet lui-même s'être trompé, et qu'il s'en repent... Je ne peux être catégorique, car je sais que "chacun voit midi à sa porte", et Dieu sait comme j'en connais un rayon dans ce domaine, mais il me semble bien que nous avons là toutes les caractéristiques, non pas d'un dieu parfait, immuable et transcendant, mais d'un être faillible au caractère pour le moins "humain". D'aucun dirait qu'il s'agit simplement d'une sorte de "personnification", plus ou moins métaphorique... Ce n'est évidement pas mon avis, j'ai mes raisons, dont je vais exposer dans cet article quelques fragments.

En réalité, le récit de la genèse biblique dépeint un dieu, non seulement faillible, qui se repent, mais semble également changer plusieurs fois d'avis, et même en changer alors qu'il n'est pas censé le faire, autrement dit, un dieu sujet à un trouble de la personnalité multiple. Voyons ce qu'il en est:

6.6 L'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son coeur.

6.7 Et l'Éternel dit: J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits.

6.8 Mais Noé trouva grâce aux yeux de l'Éternel

(...)

8.20 Noé bâtit un autel à l'Éternel; il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et il offrit des holocaustes sur l'autel.

8.21 L'Éternel sentit une odeur agréable, et l'Éternel dit en son coeur: Je ne maudirai plus la terre, à cause de l'homme, parce que les pensées du coeur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse; et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l'ai fait.

Si ce dieu était tout à fait cohérent avec lui-même il ne devrait pas au sortir du déluge se repentir une dernière fois quand à ses actes et convenir avec lui-même que "plus jamais ça". Il s'était déjà repentit d'avoir créé l'humanité, et il avait déjà décidé de sauver Noé du déluge qu'il allait provoquer, alors pourquoi s'affliger de nouveau ? Certains dirons qu'il s'agit simplement d'un épilogue, mais en réalité, il s'agit bien d'un nouveau changement d'avis, car il ne s'agit pas du même personnage. Aussi, nous noterons au passage que ce dieu sent les odeurs de cuisson... ce qui est assez original pour un dieu transcendant. Je ne doute pas que certains trouverons les moyens d'expliquer cette étrange faculté, mais j'ai plus d'un lièvre dans mon chapeau.

Je n'ai malheureusement plus les sources et je dois donc faire de mémoire, mais le Poeme d'Atrahasis relate les faits à peu près en ces termes:

Enlil étant le "patron" de la terre, les autres dieux étant subordonnés et notamment son frère aîné, Enki/Ea, dit "le prince". Enlil, agacé du comportement des hommes (leur bruit, en fait), décide de les exterminer à l'aide d'un déluge. Cette décision déplaît à Enki/Ea, pour qui l'humanité semble avoir quelques valeur sentimentale, et décide donc de comploter dans le dos de son frère et de prévenir "Atrahasis" (Gilgamesh) de ce que prépare Enlil, et donc, de construire une arche afin d'échapper à la catastrophe. La catastrophe survient, et a son terme "Atrahasis" qui est affamé, décide de se faire cuire un repas. Malheureusement, la fumé de cuisson monte jusqu'aux cieux, ce qui prévient les dieux d'une anomalie sur une planète censée être "nettoyée". Enlil, constatant qu'il subsiste un être humain est furieux et comprend que son frère s'est joué de lui. C'est alors qu'Enki/Ea explique à son frère que ce plantureux repas préparé par "Atrahasis" lui est destiné, comme offrande, et d'expliquer à quel point "Atrahasis" est sage, et mérite de vivre. Enlil convaincu par les argument d'Enki/Ea, se repent d'avoir provoqué le déluge, et ainsi "Atrahasis" vécut heureux et eut beaucoup d'enfants...

On comprends mieux en connaissant cette version de l'histoire pourquoi l'Eternel de la genèse semble souffrir de "dissociation". En réalité, le récit du déluge biblique est peu ou prou calqué sur les récits mésopotamiens, sauf que les deux protagonistes traditionnellement en conflit (Enlil et Enki/Ea) sont fusionnés dans un seul et même personnage: 'l'Eternel'' ou Yahvé. On notera que même le détail de l'odeur de cuisson est présent, sauf que dans la version biblique, l'épisode de "colère" d'Enlil a été supprimé et contracté, tandis que Noé fait volontairement une offrande à Dieu, ceci pour des besoins évidents de cohérence.

Le déluge, ce blockbuster

Mais il y'a pire. L'erreur de beaucoup est de rester en Mésopotamie, car il y'a des choses très intéressantes dans les autres cultures. On trouve notamment un autre récit du déluge, bien loin de la Mésopotamie, de l'autre coté de l'atlantique (ou du pacifique, tout dépend du point de vue), en Amérique centrale. Et c'est là que les choses vont commencer à se corser, car on y trouve des éléments mythologique qui, selon toutes vraisemblance, ne devraient pas s'y trouver. Ainsi, les Aztèque, eux aussi, nous parlent du déluge:

Puis vient le monde du Soleil d'Eau (...) mais ce quatrième univers est détruit lui aussi à la suite d'un déluge massif qui rase les montagnes, jette les cieux sur la terre et change tous les êtes humains en poisson.

La leyenda de los soles précise qu'un homme et une femme, Tata et Nene, sont sauvés par Tezcatlipoca (...) ce couple échappe au déluge en s'abritant dans un arbre creux. Mais Tata et Nene désobéissent au dieu, qui leur a prescrit de ne rien manger d'autre que des grains de deux épis de maïs : Sortant de leur refuge lorsque les eaux se font plus calmes et repérant un poisson qui leur semble particulièrement appétissant (...) les deux rescapés pêchent ce poisson et allument un feu avec un percuteur sec afin de le faire cuire. Or la fumée qui s'élève de ce foyer est aperçue par les dieux stellaires Citlallinicue et Ctilallatonac, dont les clameurs ("Ô Dieux, qui a fait ce feu ? Qui a osé enfumer les cieux ?") déclenchent la colère vengeresse de Tezcatlipoca; alerté par ces cris, il déscend du ciel en s'exclamant : "Qu'as tu fais, Tata ? Qu'avez-vous fait tous les deux ?", puis ils décapite les deux coupables et place leur têtes tranchées sur leur postérieurs - ainsi sont créés les deux premiers chiens.

Mythes aztèques et mayas - Karl Taube.

Au delà des variations évidentes due à une culture très différente, le récit est étonnamment similaire à la version mésopotamienne, et surtout en ce qui concerne le passage de la fumée de cuisson. Alors, inutile de me demander ce qu'est cette fumée de cuisson, ce qu'elle signifie, à quoi elle correspond, inutile de me demander pourquoi d'un bout à l'autre de la planète on retrouve cette étrange occurrence, je n'en ai pas la moindre idée.

Mais retournons sur le vieux continent. Je propose maintenant une comparaison que certains trouveraient osée, voir contre nature: Le récit biblique avec... le Critias de Platon, c'est à dire le mythe de l'Atlantide, et plus particulièrement sa chute. Rappelons au passage que le récit de l’Atlantide est rapporté selon Platon par Solon qui le tient lui-même des prêtres égyptiens. Je propose ici une lecture entrelacée entre les versets de la genèse et le récit de Platon, le procédé peut paraître fallacieux, j'assume, il est de mon point de vue intéressant. Par ailleurs, les textes sont disponibles sur internet et chacun peut vérifier que je cite chaque source dans l'ordre chronologique et que je ne procède à aucune "transgression temporelle":

6.1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées,
6.2 les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent. (NDLR: ???)
6.3 Alors l'Éternel dit: Mon esprit ne restera pas à toujours dans l'homme, car l'homme n'est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans.
- -
Tant qu’ils raisonnèrent ainsi et gardèrent leur nature divine, ils virent croître tous les biens dont j’ai parlé. Mais quand la portion divine qui était en eux s’altéra par son fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain prédomina
- -
6.5 L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.
6.6 L'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son coeur.
- -
Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages.
- -
6.7 Et l'Éternel dit: (...)
- -
A cet effet, il réunit tous les dieux dans leur demeure, la plus précieuse, celle qui, située au centre de tout l’univers, voit tout ce qui participe à la génération, et, les ayant rassemblés, il leur dit :... (NDLR: Le Critias se termine sur ces mots, nous n'avons pas la fin)
- -
6.7 (...) J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits.

Mon objectif ici n'est pas de prouver quoi que ce soit, mais d'exposer et de proposer. Aussi, Je n'avancerais donc aucune hypothèse. Non pas parce-que je n'en ai pas (j'en ai pléthore), mais parce-que je ne veux privilégier aucune piste. A chacun d'en faire ce qu'il souhaite, d'y voir une simple coïncidence, un échange ou un transfert culturel de quelconque nature, ou autre chose. Quand à la signification de ce qui est raconté dans ces deux sources, là encore, à chacun d'aborder le dossier sous l'angle qu'il juge le plus pertinent. Le dossier étant, à mes yeux, non seulement pas clos, mais beaucoup trop "brûlant" et complexe pour qu'on se permette d'affirmer quoi que ce soit péremptoirement...

Maintenant, pour boucler la boucle, attiser votre curiosité et ajouter encore un peu plus de "confusion", je vous propose de retourner de l'autre coté de l'atlantique, toujours chez les Aztèques pour entendre ce qu'ils disent de leur origine:

Les codex affirment tous que les Aztèques, comme leur nom l'indique, étaient originaires d’Aztlan (toponyme nahuatl généralement traduit par « lieu de la blancheur » ou « lieu des hérons »), qui est peut-être une ville mythique de leur cosmogonie. Dans ces textes anciens, la localisation de cette cité, qui est le plus souvent représentée sous la forme d'une montagne entourée d'eau, n'est généralement pas indiquée, ou est vaguement qualifiée de lointaine.

J'en resterait là pour cette branche de l'exploration. Aussi, faisons un très rapide saut en Inde pour constater que le récit du déluge y est également relaté, encore une fois dans un contexte polythéiste:

Manu fut sauvé du déluge par l'avatar Matsya ou Mataya, incarnation du grand dieu Vishnou. (...)

Il est inutile je pense de faire le tour du monde des récits du déluge bien que ce soit des plus captivant. Le déluge est un vaste sujet en soi, et ce n'est pas le sujet de cet article. Néanmoins, on peut remarquer que contrairement au déluge biblique, qui ne connait qu'un seul déluge, des peuples mésoaméricains à l'hindouisme en passant par les indiens Hopis, de nombreuses cultures en comptent, non pas un seul, mais de 4 à 7 successifs. Nous sommes donc, de mon point de vue, en droit de nous demander si la bible est une source si fiable et exhaustive qu'elle le prétend, et si, à tout hasard, elle ne serait pas plutôt une oeuvre très partielle, voir, assez pauvre.

Les deux frères ennemis, un feuilleton à succès

Une chose qui rapproche fréquemment les polythéismes, c'est la présence de deux frères ennemis. On l'a vu pour la Mésopotamie avec Enlil et Enki, tous deux frères, fils de An/Anu. On trouve une fratrie similaire chez les aztèques, Tezcatlipoca et Quetzalcóatl, frères ennemis et fils d'Ometeotl (le Dieu suprême Aztèque), mais aussi en Inde sous une forme plus policé, à savoir les deux grand "pôles" divins que sont Vishnou et Shiva, aspects de Brahma.

D'aucun dirait qu'il s'agit de la bonne vielle lutte du bien contre le mal. Cette vision de la lutte du bien contre le mal est une perception typiquement occidentale, judéo-chrétienne (et par extension musulmane, qui en est une émanation). Ces différentes cultures n'ignorent rien de la justice, du bien et du mal, mais leur mythologie ne s'articulent pas autour d'un présumé "gentil" et d'un présumé "méchant" comme peuvent le faire les dites "religions du livre". C'est évidemment plus compliqué. Les bons et mauvais rôles étant inter-changés, et parfois même variables selon le point de vue qu'on décide d'adopter.

L'Hindouisme étant de ce point de vue la religion qui a le plus policé ces deux protagonistes pour en faire pratiquement deux forces nécessaires et complémentaires de la nature... Est-ce que l'Hindouisme a déformé un savoir antérieur pour le rendre moins brutal et plus "intelligent", ou, au contraire est-il la forme la mieux conservé d'un savoir originel que les autres cultures ont déformés ? Sur cette question je ne me prononcerais pas.

Concernant les Aztèques, Quetzalcóatl et Tezcatlipoca sont à tour de rôle créateurs et destructeurs de l'humanité, on sait Tezcatlipoca jaloux (notez ce trait de caractère dans un coin de votre mémoire) de Quetzalcóatl, et ils se livrent un combat quand à la régence de l'humanité, leur domination sur terre alternant d'un "soleil" à l'autre, et d'une époque à l'autre.

Peut-on réellement rapprocher ces différentes cultures, et est-ce que cette comparaison entre les différentes fratries est vraiment pertinente ? Pour répondre à cette question, je vais mettre l'Hindouisme de coté et me concentrer sur la Mésopotamie et la Mésoamérique, qui sont par ailleurs les deux cultures les plus éloignés dans l'espace, et à priori les plus dissemblables... Dissemblables, en apparence seulement.

Commençons par le plus évident, et voyons "qui" sont Quetzalcóatl et Enki/Ea.

Quetzalcóatl le chef des prêtres, l'inventeur du calendrier et du livre, le protecteur des orfèvres et des artisans (Universalis). Il possédait de plus une grande sagesse, comme il le montra par sa conduite et par les lois qu'il avait données aux humains. (cosmovision.com)

(...)

Ea/Enki est considéré comme le maître (...) de la sagesse, des arts et des techniques (wikipedia). Il est le révélateur de l'astronomie, l'inventeur de l'écriture (cosmovision.com)

Je pense qu'il est inutile d'en rajouter tant il est difficile de faire plus clair et évident. Maintenant, on sait, de manière certaine que le frère ennemis de Quetzalcóatl est Tezcatlipoca et on sait de manière certaine que le frère ennemis d'Enki/Ea est Enlil. Alors voyons ce qu'il en est:

Tezcatlipoca (...) est la plus crainte de toutes les divinités aztèques. (...) peut être désigné par différents épithètes qui renvoient à plusieurs aspects de sa divinité : Titlacauan (« Nous sommes ses esclaves »), Ipalnemoani (« Celui par qui nous vivons »), Necocyaotl (« Ennemi des deux côtés »), Tloque Nahuaque (« Seigneur du proche et du lointain ») et Yohualli Ehecatl (« Nuit, Vent »), Ome acatl (« Deux roseaux »), Ilhuicahua Tlalticpaque (« Possesseur du ciel et de la terre »). (...) Tezcatlipoca est associé à de nombreux concepts : la nuit, la discorde, la guerre, la chasse, la royauté, le temps, la providence, les sorciers et la mémoire. (Wikipedia)

(...)

Enlil serait à l'origine une divinité liée au vent (...) Le roi des dieux, le dieu de la royauté (...) Les plus anciennes attestations du nom d'Enlil écrit en cunéiforme n'utilisent pas la variante EN.LÍL, mais plutôt EN.É, ce qui signifierait littéralement « Maître de la maison ». (Wikipedia)

Que dire... faut-il réellement être victime d'une paréidolie pour voir un rapport entre la fratrie Mésopotamienne et la fratrie Mésoaméricaine ? On ne peut jamais exclure la simple coïncidence, mais il faut bien admettre que celle-ci reste troublante quelque soit le sens dans lequel on la regarde.

Qui est le Serpent ?

Nous avons établi (du moins, si on ne persiste pas à ne voir QUE des coïncidences) que Quetzalcoatl est le pendant Mésoaméricain du Enki/Ea Mésopotamien. Que sait-on d'autre à propos de Quetzalcoatl ? Un fait désormais bien connu depuis que Quetzalcoatl fut popularisé avec l'histoire du calendrier Maya: Il s'agit d'un Serpent à Plume (et chose moins connue, il est, à l'instar de Lucifer, associé à la planète Vénus, l'étoile du soir et du matin).

Il n'est pas mentionné qu'Enki/Ea fut un serpent, mais nous savons d'autres choses à propos à la fois de Quetzalcoatl et d'Enki/Ea, ils sont associés à la sagesse, à l'écriture, aux livres, au savoir, à l'artisanat... ils sont en fait, des Savant. Nous savons par ailleurs qu'Enki/Ea est très rusé puisqu'il ne cesse de comploter dans le dos de son frère, Enlil, et qu'il semble doué d'un certain pouvoir de persuasion rhétorique.

Le plus rusé des animaux des champs

Mon intention est je pense assez claire: Je veux établir un lien entre Quetzalcoatl, Enki/Ea, et le Serpent des premiers chapitres de la genèse. Là encore, chacun est libre de ne voir que des coïncidences et de trouver que mon rapprochement entre toutes ces entités "distinctes" est par trop audacieux. D'autant que si j'établi ce lien, ce n'est pas tant pour parler du Serpent, que ce son adversaire, à savoir l'Eternel, Yahvé. En effet, si le Serpent de la genèse est Quetzalcoatl/Enki/Ea/Lucifer, L'Eternel, Yahvé, n'est autre qu'Enlil/Tezcatlipoca.

Evidemment, on peut me rétorquer que la genèse est clair à ce sujet, et que le Serpent est une création de Yahvé et non pas son frère... Je dirais simplement qu'il est difficile d'ériger une divinité unique et suprême en lui adjoignant un frère. Je sais que je ne convaincrais pas les croyants, néanmoins, je n'en ai pas terminé avec la genèse, et j'ai encore des lièvres dans mon chapeau, et pas des moindres.

Précision sur mes intentions et ma posture spirituelle

Jusqu'ici je suis resté assez sympathique, mais je m’apprête à faire quelque chose de formellement interdit au regard de la bienséance religieuse, et qui, je le sais, ne "passera pas" auprès des croyants. C'est pourquoi je dois d'abord éclaircir certaines choses afin de prévenir "tout débordement". Il serait long et fastidieux d'expliquer en détail mon regard sur la genèse et sur ce qu'elle raconte, mais il faut surtout retenir une chose: Je n'ai aucune complaisance ou préférence que ce soit pour le Serpent. Pas plus que je n'ai de complaisance ou de préférence pour Quetzalcóatl ou Enki/Ea, quand bien même ce dernier serait désigné comme le "sauveur" du déluge.

Ma perception de ces récits, de ces "choses", dépasse de quelques étages le cadre manichéen classique et l'apparence des choses. Je ne suis pas sataniste, je ne suis pas de la mouvance new-age, je ne suis pas non plus à proprement parlé "gnostique" même si me suis beaucoup intéressé au gnosticisme chrétien, je ne suis d'aucune secte théosophique, rosicrucienne, protéino-gnostique, maçonnique, soufi ou que sais-je encore...

Le plus gros malentendu de l'histoire de l'humanité

Dans son article, Laurent Glauzy, pour appuyer le fait que les dieux mésopotamiens sont différent du Dieu de la genèse, nous dit ceci: "Le Dieu de la Bible est saint, pur et immuable : il ne ment pas". Malheureusement, Laurent Glauzy, comme beaucoup, beaucoup... beaucoup de monde, se trompe. En fait, dans les trois premiers chapitres de la genèse, il est manifeste que Yahvé est un menteur, et que le Serpent dit vrai. Evidemment, je me doute bien qu'à part auprès des athées et des satanistes (et encore !) une telle affirmation ne risque pas de passer comme une pastille d'Efferalgan dilué dans un verre d'eau.

D'aucun diront que je n'interprète pas correctement, ou que je ne comprends pas bien car il me manquerait une certaine éducation religieuse (en un sens, ça ne serait pas faux, mais pas pour les raisons que "d'aucun" pourrait le croire). De mon point de vu, les choses sont très claires, et le "problème" n'est pas que je n'interprète pas correctement, mais plutôt que je n'interprète pas du tout, que je lis stricto-sensu ce qui est écrit, et que je ne brode absolument rien par dessus ce qui est écrit, je m'en tient au texte, de manière dépassionné, et surtout, de manière... déconditionné et parfaitement insensible à l'argument d'autorité.

Je propose donc une lecture "accélérée" des chapitres 2 et 3 de la genèse telle qu'on peut la trouver dans une bible chrétienne commune. En l’occurrence voici ma source, ce n'est pas celle des témoins de Jéhovah ni celle des mormons, elle est tout ce qu'il y'a de plus catholique et canonique. Pourquoi une lecture "accélérée" ? D'une part parce-que ça prend moins de place, et d'autre part parce-que ça permet de mieux cerner directement et en un coup d’oeil ce qui "cloche".

Aussi, si des croyants lisent cet article (à priori, peu de chance), je les invite à faire l'effort de lire de manière la plus objective possible, si possible en oubliant qu'on parle de "Dieu" et du "Diable". Les chrétiens pourront se reporter sur les évangiles pour "retomber sur leurs pattes", pour les Juifs en revanche, ça risque d'être un peu plus douloureux, mais comme il s'agit d'une bible chrétienne, et donc d'une traduction (et d'un remaniement) de l'hébreux, il pourront toujours arguer que la traduction est mauvaise (grand bien leur fasse).

2.16 L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin;

2.17 mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.

(...)

3.1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin?

(...)

3.4 Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point;

3.5 mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.

3.6 La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea.

3.7 Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures.

(...)

3.22 L'Éternel Dieu dit: Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous (NDLR: qui ça, nous ?!), pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement.

Normalement, à ce stade, n'importe quel lecteur dépassionné et objectif n'a pas besoin d'explication supplémentaire. Tout est écrit noir sur blanc (blanc sur gris en l’occurrence) et je ne devrais même pas avoir à en rajouter. Néanmoins, laisser le lecteur en plan comme ça est un peu abrupte, et puisqu'il semble que l'information soit resté "ignorée" durant tout ce temps (ça fait quelques dizaines de siècle que ça passe inaperçu), je vais me fendre d'une explication, très rapide, tant il est inutile à mes yeux de tergiverser. Ceux qui peuvent accepter l'information l'accepteront, les autres la rejetteront tout naturellement.

  • Manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, n'a pas tué Adam et Ève (quand bien même Dieu leur a barré l’accès à la vie Éternelle, ce n'est PAS ce qui les a tué).
  • Manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal a provoqué chez Adam et Ève exactement ce que le serpent avait prédit.
  • Comme le serpent l'avait prédit, Dieu s'est rendu compte qu'Adam et Ève avaient désormais la connaissance du bien et du mal.
  • Dieu a dit qu'Adam et Ève étaient maintenant devenu "comme l'un d'eux". (Au fait, qui est donc ce "nous" ? Pluriel de majesté ?... )
  • Dieu a décidé d'empêcher Adam et Ève de vivre éternellement et de les chasser du jardin d'Eden.

On peut s'étonner (on le doit) que "ceci" soit resté ignoré durant des siècles, et le premier réflexe est probablement de se dire "si ça devait se comprendre dans ce sens, ça se saurait". A mon avis, c'est malheureusement mal connaitre l'humanité, et le personnage de Yahvé n'est pas désigné comme "le seul, l'unique, le suprême, le meilleur, le plus beau, le plus jaloux" pour des prunes... Je ne doute pas un seul instant que les exégètes ont des réponses très à propos pour expliquer tout ça, comme par exemple que Dieu savait que si Adam et Eve mangeaient du fruit, il DEVRAIT nécessairement les empêcher d'accéder à l'arbre de vie et de vivre éternellement, vu qu'ils sont comme "l'un d'eux", ce qui semble apparemment très embêtant, et partant de là, Dieu dans son infinie sagesse, résuma en "tu mourras" pour ne pas embrouiller l'esprit d'un Adam et d'une Eve peut-être par trop "neuneus" pour comprendre. En ce qui me concerne, même si je garde un doute syndical, je n'en suis plus vraiment à réclamer des explications et je connais les arguments des croyants.

Qui est Yhvh ?

Maintenant que le plus dur est passé, nous pouvons nous poser la question: Yahvé est-il si ressemblant à Tezcatlipoca/Enlil ? Et la réponse est malheureusement: Oui, il l'est. J'ai déjà évoqué que Tezcatlipoca était jaloux, voici le récit qui nous conte ce trait de caractère (et qui raconte par ailleurs une histoire bien troublante, mais je laisserait ici le lecteur se débrouiller)

Selon les Anales de Cuauhtitlan, Quetzalcoatl, souverain de Tula, la capitale des Toltèques, fut séduit par Tezcatlipoca, qui, jaloux de son rival, l'enivra et l'amena à rompre son vœu de chasteté. (...) Tezcatlipoca arriva sous l'aspect d'un beau jeune homme accompagné de deux sorciers et aurait corrompu Quetzalcoatl en le faisant boire une boisson alcoolisée à base de jus de cactus. Après avoir éméché son frère, Tezcatlipoca en profita pour séduire la fille du chef Uemac et également nièce de Quetzalcoatl. Lorsque celui-ci eut repris ses esprits, Tezcatlipoca apporta un miroir et Quetzalcoatl fut horrifié de se voir éméché. Ainsi humilié par son frère, il construisit un radeau et partit loin de la capitale, suivi par une poignée de fidèles seulement. Après son départ, Tezcatlipoca aurait pris le pouvoir sur la capitale toltèque et appris à son peuple la désobéissance aux lois. (Wikipedia)

Mais ce n'est pas le seul trait de caractère "macabre" de Tezcatlipoca, en effet, alors que Quetzalcoatl est connu pour ne requérir que des sacrifices de fleurs, plumes ou de fruits, Tezcatlipoca est quand à lui plus vorace et réclame des sacrifices humains. Tezcatlipoca, est en fait sanguinaire. Or Yahvé nous montre un trait de caractère bien spécifique qui aura sans doute échappé à beaucoup, mais pas aux végétariens. En effet, lorsque Abel et Caïn proposent à Yahvé leurs offrandes, Yahvé trouve sa préférence dans l'offrande d'Abel, le berger, qui lui propose... de la viande...

Jaloux, soupe au lait, carnivore, sentant les bonnes odeur de cuisson, faillible, se repentant, apparemment paniqué dans l'épisode du fruit de l'arbre... Difficile en effet de percevoir le caractère transcendant et immuable de Yahvé, encore moins celle d'un dieu d'amour et de paix, il tient en réalité bien d'avantage du psychopathe mégalomane... Il tient en réalité bien d'avantage du(des) dieu(x) païen(s) (des)duquel il est "recomposé" par des scribes hébreux... Ceci expliquant cela, il suffit de l'admettre et de lire, les choses sont claires comme de l'eau de roche.

Conclusion

Alors par pitié, ne parlez plus du "Dieu de la bible". Ne parlez d'ailleurs même plus de "la bible". Parlez de Yahvé de l'ancien testament, ou du "Père" des évangiles. Parlez de l'ancien testament, ou du nouveau testament. Cessez de confondre des choses qui sont en réalité très différentes.

Commentaires

1. Le mardi 3 janvier 2017, 09:42 par Ou chaîne

Salut.

ça serait arrivé quand ces évènements ayant conduits à des mythes à faciès ressemblants aux quatre coins du monde ?

Puisque ces peuples/civilisations parlent différentes familles de langues et ont différents phénotypes/génotypes qui a priori évoquent une divergence ancienne et des peuplements d'aires géographiques étalés sur milliers d'années.

Ou on peut aussi prendre dans un autre sens et se demander pourquoi d'autres peuples n'ont pas de tels mythes (enfin j'ai pas creusé).

2. Le jeudi 12 janvier 2017, 10:38 par Sedenion

Tiens, salut le chacal;

Quand donc ces éventements seraient arrivés ? Vlatypa une bonne question.

Difficile à dire, néanmoins il semble que tout ça remonte quelque part avant le néolithique, peut-être sur une période s'étalant d'un peu avant à un peu après la singularité climatique d'il y'a 12000 ans qui a mit fin à l'ère glacière. Au fond, comment savoir ? http://crops.u-sphere.com/index.php...

Et puis, que savons nous réellement de l'émergence de ces différents phénotypes/génotypes ? La plupart de ces mythes expliquent la création de l'homme à partir d'hybridation des dieux... Que faut-il en comprendre ? Que Darwin avait raison, mais qu'il existe des cas particuliers ?

Enkidu ne serait-il pas ce mystérieux Néandertal au volume crânien comparable au notre, contemporain de nos ancêtres ?

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