L'angélique extraterrestre ?

La projection full-duplex

L'humanité est prompte à reconnaître son inhumanité et reconnait bien volontiers que ses fantasmes d'un envahisseur extraterrestres belliqueux sont autant de reflets d'elle-même. Mais à contrario, elle peine à concevoir que l'inverse puisse également être vrai, à savoir que tout ce qu'elle peut projeter d'honorable, de sage et de bon dans ses représentations de l'exotique, ne soient jamais que des reflets d'elle-même. La projection fonctionne dans les deux sens, ce que nous refusons de voir de mauvais en nous, nous avons tendance à le projeter sur autrui, mais l'inverse est vrai également, ce que nous refusons, ou ignorons de positif en nous, nous avons tendance à le projeter sur autrui aussi.

La survie comme leitmotiv

Beaucoup pensent qu'une ethnie extraterrestre qui aurait traversé les ages aurait fatalement acquit sagesse et bonté, comme sorte de synonyme de "non-autodestruction" et de pérennité... Comme si il s'agissait là d'une évolution obligatoire et logique, cap "transcendant" permettant à une espèce dite "intelligente" de dépasser le seuil de l’adolescence tumultueuse et auto-destructrice. Mais là encore c'est projeter par rapport à ce que nous sommes, c'est à dire une espèce tumultueuse fortement encline aux guerres intestines.

Il ne viendrait à l'idée d'aucune abeille ouvrière de pratiquer la guerre au sein de sa propre ruche, et le contraire provoquerait probablement l'auto-destruction de la ruche... Mais les abeilles sont-elles pour autant dotées d'une forme de morale ou d'éthique supérieur ? Pas le moins du monde... Elles sont un organisme, bien ordonné, en "harmonie" avec lui-même, un système bien rodé, mais par bien des aspects - et aussi poétique qu'on puisse trouver les abeilles - comparable à une simple machine. Une "machine à survivre".

Survivre n'implique en aucune manière de développer une éthique, une morale, une philosophie et d'avoir des idées spirituelles élevées. Au contraire, survivre est un jeu de compétition, éventuellement même une "guerre à mort", fusse-t-elle opérée par des moyens évolués. La terre nous enseigne à quel point "la vie" trouve toutes sortes de chemins, y compris les plus "sales", comme le parasitisme et, parmi le plus commun d'entre tous: Manger les faibles. Survivre, n'est pas un gage de sagesse, il est simplement le gage d'une stratégie de survie, n'importe quelle stratégie de survie.

Partant de là, on peut comprendre qu'une espèce, même intelligente, disons, sur le plan strictement intellectuel, puisse survivre et même développer des technologie très perfectionnées, sans pour autant avoir développé la moindre morale ou philosophie supérieur, pour la simple et bonne raison que: ça n'a rien de déterminant pour "survivre". La morale et la philosophie sont un "luxe", et a bien des égares, un frein même à la "survie". Un peuple de penseurs pacifiste ne fera pas le poids face à Gengis Khan... Le peuple de penseur pacifiste sera exterminé et Gengis Khan fera beaucoup d'enfants... la réalité, c'est ça.

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La survie face à l'entropie

L'univers lui-même, sa structure, semble être responsable de cet état de fait. En effet, l'univers étant dominé par l'entropie, la vie - la survie - s'avère être une quête incessante d'énergie et de ressource pour "perdurer". L'univers lui-même est conçu pour favoriser la prédation, le parasitisme, et les exemples qui échappent à cette constante semble bien rares voir contestables. Les plantes elle-mêmes se nourrissent de leurs "morts", l'humus issue de la décomposition de leurs "parents". L'univers est un vaste champ de mort ou "la vie" se construit sur sa propre destruction, sur sa propre consommation, ou la vie "survie" en se mangeant elle-même...

La survie dans ce milieu hostile n'implique pas qu'on réfléchisse aux causes profondes de notre stratégie de survie. On peut en effet adopter des stratégies de survie, et survivre, sans jamais se demander, non seulement pourquoi on le fait, mais aussi pourquoi on doit le faire comme ça et pas autrement... Se poser ce genre de question requière autre chose qu'un simple impératif de survie, autre chose qu'un "instinct de conservation", il requière entre autre de se rendre compte que cette situation a quelque chose d’aberrant, et il requière donc de laisser l'impératif de survie de coté quelques instants, pour se poser là et se demander "qu'est-ce que je fout dans ce cirque, dans cet arène ou chacun "lutte pour soi" ? Est-ce donc cela "la création", cette magnifique "beauté" que Dieu aurait créé ? Une lutte éternelle pour la survie du plus apte, du plus habile, du plus malin, sur base de cannibalisme globalisé ?".

D'où viens-je ?

Le regard désenchanté sur l'univers provoque immédiatement un choc qui vient violemment buter sur "l'instinct de survie", cet "instinct de survie" apparaît alors comme la cause première, de la vie certes, mais aussi de tout ce qu'elle engendre, à savoir, paradoxalement, un univers de mort, de souffrance, de lutte permanente... Mais si cet univers "éternellement mourant" et sa manière de fonctionner qu'elle impose aux bribes de "vivant" qui arrive à s'y développer est la seule chose qui existe... comment se fait-il que "je" puisse juger cela inepte ? Si je juge cela inepte, n'est-ce pas, peut-être, parce-qu’en réalité je ne suis pas "au bon endroit" ? Cet univers que nous croyons être notre berceau, est-il bien "le bon", et "le seul" ?

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Commentaires

1. Le lundi 4 mai 2015, 14:27 par ishtar

C'est là où la pensée gnostique se rapproche de ton(notre)questionnement:comment un dieu si parfait aurait-il pu créer un monde si imparfait?à tel point que même ses créatures s'en rendent compte.
La survie n'a aucun sens pour une âme humaine,seule compte la vie et ses valeurs.
Nous sommes effectivement une erreur dans cette matrice qui n'est constituée que de survie.Les entités qui ont introduit des âmes humaines dans leur "construction" ont mal calculé le risque,ils ont du penser que nous endiguerions leur propre entropie.
Mais il apparaît que nul ne peut échapper aux lois cosmiques.Un monde entropique ne peut que s'écrouler sur lui même,emportant dans son extinction ses propres créations.
La question est de savoir si les âmes humaines peuvent se détacher de cette entropie ou si elles sont définitivement foutues de par leur participation à tout ce bazar.
Je pense qu'il doit y avoir un début de réponse dans l'enseignement christique non détourné et même si le temps est relatif, il me semble qu'il devient urgent de la trouver.

2. Le mercredi 26 août 2015, 20:33 par pleinlecul

vous,les humains, êtes un fléau.
Une sale race qui ne mérite que de crever et encore c'est vous faire trop d"honneur,le néant intersidéral et l'oubli total de votre existence est plus souhaitable.
Et c'est ce qu'il va se passer.
Tout compte fait, la justice divine existe.

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